Les missions de la CEDEAO et de l'Union Africaine à Abidjan, se suivent mais ne se ressemblent pas. Toutes les attentes de la « communauté internationale » avec à sa tête le président français Nicolas Sarkozy semblent s'effriter au fil des visites des différents leaders en Côte d'Ivoire.
Tout a commencé avec la visite de M. Jean PING qui a démenti « l'injonction » qui aurait été faite au Président Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir.
S'en sont suivies les visites des trois chefs d'état du Bénin, du Cap-Vert et de la Sierra Leone qui ont exclu, contre toute attente le recours à la force. La dernière en date a été la visite de ces mêmes trois chefs d'état qui étaient cette fois accompagnés du Premier Ministre Kenyan, mandaté par l'Union Africaine. Ce dernier a aussi rejeté fermement l'option armée à la fin de sa mission.
Fait très révélateur qui n'a été relevé par aucun des médias français décidément partiaux et amateurs de raccourcis, M. ODINGA a dit à sa sortie du Palais présidentiel: « Nous venons de rencontrer Son Excellence le Président de la République Laurent GBAGBO, nous allons maintenant rencontrer Monsieur Alassane OUATTARA »!
On comprend que tout cela suscite l'ire de M. Sarkozy et de son poulain qui veulent à tout prix créer un bain de sang dans ce pays qu'ils ont décidément en tête de détruire par tous les moyens. La vérité se fait de plus en plus jour, et elle révèle ce qui s'est vraiment passé à l'issue des élections ivoiriennes.
Les révélations troublantes sur la « proclamation des résultats » par M. Youssouf BAKAYOKO ancien président de la Commission Electorale Indépendante et la prétendue partialité du Conseil Constitutionnel1/Pour arrêter la liste des candidats à l’élection présidentielle, c’est au Conseil Constitutionnel que la Commission Électorale Indépendante (CEI) a transmis les dossiers des candidats. Sur 20 candidats, le Conseil Constitutionnel en a éliminé 6 et retenu 14. Là personne n’a dit que le Conseil Constitutionnel était aux bottes de Gbagbo et qu’il n’était pas qualifié pour juger de la recevabilité et de la validité des candidatures. Tout le monde a accepté cette décision sans rien dire, même ceux qui ont été recalés.
2/Quand la CEI a donné les résultats provisoires du 1er tour, il a fallu attendre les résultats définitifs du Conseil Constitutionnel avant d’ouvrir la campagne pour le 2ème tour. Le Conseil Constitutionnel a même jugé irrecevable la requête de M. Bédié parce qu’elle a été transmise hors délai. Là non plus personne n’a rien eu à redire contre la décision du Conseil Constitutionnel. Avec les mêmes conseillers et le même Président, personne n’a dit que ce Conseil était aux bottes de Laurent Gbagbo.
3/ Selon la loi électorale ivoirienne, la Commission Électorale Indépendante (CEI) avait 3 jours pour donner les résultats provisoires. Ensuite, compte tenu du déséquilibre notoire dans la représentativité des organisations politiques ou des institutions de la République (Présidium de la CEI : 4 opposants contre 1 pro-Gbagbo ; Commission Centrale de la CEI ayant voix délibérative: 16 opposants contre 6 pro-Gbagbo), le règlement intérieur de la CEI dispose que c’est par consensus que les résultats issus des commissions régionales sont validés. En clair, si un des conseillers n’est pas d’accord, le résultat n’est pas rendu public. C’est ce mode de travail qui a prévalu au sein de la CEI au 1er tour et au 2ème tour. Mais pour le 2ème tour, malheureusement la recherche du consensus n’a pas permis à la CEI de valider tous les résultats avant le délai imparti à cette institution par la loi. Au bout des 3 jours de délai la CEI n’a pu donner ses résultats. A partir de ce moment, la CEI n’était plus compétente pour proclamer un quelconque résultat. Mais fort curieusement, c’est 15 heures après le délai de 3 jours que le président de la CEI va, par quel moyen ??, se retrouver seul dans l’hôtel qui sert depuis début Octobre de QG de campagne à Alassane OUATTARA et y proclamer des résultats que la CEI n’a pas validés et ce, devant seulement deux télévisions d'État françaises (France 2 et France 24). Et ce sont ces télévisions françaises qui vont apprendre aux Ivoiriens les résultats de l’élection de leur Président. Dans quel monde sommes-nous ?
Le Président de la CEI a-t-il été kidnappé ? Oui, aujourd’hui nous pouvons l’affirmer: avec la complicité de l'Ambassade de France et d'éléments armés des Forces Nouvelles, il a été amené à l’hôtel du golf à 23 heures la veille, au QG d’Alassane OUATTARA en lui confisquant ses téléphones portables et en lui remettant des "résultats" à lire. Il a résisté jusque dans l'après-midi.
Il a ensuite été exfiltré par la France vers Paris, d'où il fait aujourd'hui des déclarations fracassantes aux médias et surtout complètement incongrues. Comment peut-il dire qu'il ne savait pas que l'hôtel du Golf était le Quartier Général de Campagne de Alassane OUATTARA???? Lui, le président de la Commission Électorale? Le second hôtel de Luxe d'Abidjan, était depuis le mois d'Octobre envahi par des centaines d'animateurs et de communicateurs, des écrans géants visibles depuis les routes, du matériel sonore, des chapiteaux, etc. Et c'est là que ce sont déroulées les nuits électorales du RDR!!!!!
Ainsi donc, contrairement à ce qui est propagé dans le monde entier, la CEI n’a pas validé les résultats de l’élection et n’a donc pas donné de résultats. C’est plutôt le Président de la CEI qui n’a pas compétence à valider et à donner seul les résultats qui s’est retrouvé dans un hôtel (QG d’Alassane Ouattara) où il a donné des "résultats". Et du coup le monde entier saute sur ce "résultat " pour dire Ok ! Alassane Ouattara est "Président de la République de Côte d’Ivoire".
On n’a plus besoin de l’avis du Conseil Constitutionnel parce qu’il est pro-GBAGBO. Les puissances occidentales avec la France à leur tête et certains pays de la sous-région considèrent le résultat provisoire comme définitif. Ils agissent ainsi parce qu’ils savent que plusieurs PV sont faux et que s’ils sont soumis à une juridiction, n’importe laquelle, le "résultat" du Président de la CEI et non de la CEI sera invalidé.
Si la CEI s’est montrée incapable de donner les résultats, c’est au Conseil Constitutionnel qu’il revient de trancher. Et c’est ce que le Conseil Constitutionnel a fait. Au-delà des jugements subjectifs qui consistent à dire que Paul Yao Ndré, Président du Conseil constitutionnel est un proche de GBAGBO, il faut regarder avec objectivité l’arrêt qu’il a rendu. Est-ce fondé ou non de rejeter les résultats qui l’ont été ? Pourquoi personne ne cherche à comprendre le bien fondé de la décision du Conseil Constitutionnel?
Il convient de souligner qu’en plus du comptage manuel, la CEI a commis un cabinet d’expertise à l’effet d’un comptage électronique des voix (voir document joint de SILS Technology). Ce cabinet a rejeté 2200 procès verbaux des bureaux de vote sur lesquels le nombre de votants est supérieur au nombre d’inscrits. Ce qui est une anomalie grave que nul ne saurait justifier. Ce n’est donc pas le Conseil Constitutionnel qui a invalidé le vote dans des départements du Centre et du Nord sous contrôle des rebelles des FN, mais la CEI elle-même à travers son partenaire, la société SILS, chargée du comptage électronique (voir document SILS joint). Et ce sont ces PV frauduleux qui justifient le blocage des travaux de la CEI parce que plusieurs Conseillers n’ont pas accepté la validation des PV indiquant un nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits. Quel être humain normal pourvu de tous ses sens peut accepter la prise en compte de procès verbaux (PV) de bureau de vote où le nombre de votants est anormalement supérieur au nombre d’inscrits ?
Alors comment comprendre que Bingu Wa Mutarika, Président en exercice de l’Union Africaine s’aligne sur une position incongrue qui consiste à dire que les fraudes massives organisées avec les fusils des rebelles n’ont jamais existé ?
Comment comprendre que quatre chefs d'État, membres de la CEDEAO (la CEDEAO compte 14 membres + la Côte d’Ivoire) se retrouvent à Abuja le 7 décembre 2010 pour décider à la place de toute la CEDEAO en affirmant que le "résultat" provisoire donné par le Président de la CEI seul au QG d’Alassane Ouattara suffit et qu’il faut chasser Laurent GBAGBO du pouvoir ? Quel dommage ! Mille fois dommage !
Plusieurs groupes d’observateurs des élections ont noté qu’au 2è tour, il y a eu trop de violence de la part des Forces Nouvelles, ex-rebelles (toujours en armes) sur les représentants de Laurent GBABGBO dans les bureaux de vote dont plusieurs ont été battus à sang, séquestrés, chassés après le passage de l'ONU (qui faisait des sauts de puce dans les différents points de vote) et des femmes violées au sein même du bureau de vote.
Malheureusement, l’on a considéré que ces observateurs qui ont qualifié le scrutin d’injustice, non transparent en zone sous contrôle rebelle étant majoritairement africains, leurs rapports n’étaient pas dignes de confiance. Mais seul le rapport des observateurs de l’Union Européenne qui n’ont déployé aucun agent en zones sous contrôle rebelle devait être pris en compte. C’est ce qui a été fait. Voilà la vérité sur le 2è tour et les résultats des élections en Côte d’Ivoire.
Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu s’aligner sur ces positions insensées ? Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu considérer tous les observateurs Africains y compris ceux de l'Union Africaine-même, comme des sous-hommes au point d’affirmer que tous leurs rapports n’étaient pas dignes du moindre crédit ?
Tout le monde condamne Laurent GBAGBO à cause de l’acte de Damana Picass qui a déchiré les résultats que voulait proclamer Bamba Yacouba, porte parole de la CEI (et membre du RDR!). Cet acte a été présenté pendant 3 jours en boucle par les médias en taisant les commentaires du magistrat Togba pour donner l’impression que les partisans de GBAGBO ne veulent pas qu’on donne les résultat parce qu’ils sentent que GBAGBO est battu.
C’est de la désinformation pure et simple et à partir de là, les gens condamnent un acte qui ne constitue qu'une conséquence et se taisent sur les causes. En effet, en France, sur 28 bureaux de vote, il y a eu des incidents dans 8 bureaux et à cause de ces 8 bureaux, Bamba Yacouba superviseur de la France (donc étant celui qui transmet le rapport de France aux commissaires de la CEI) a fait annuler tous les 28 bureaux de France en se présentant directement devant les caméras des TV à l'insu des autres membres de la commission centrale.
Et c’est cette forfaiture qu'il a voulu recommencer avec des résultats des zones sous contrôle rebelle (non validés par la commission centrale de la CEI) à l'insu des autres membres de la commission centrale et ce, devant des TV étrangères uniquement. Voilà ce qui a motivé la réaction de Damana Picas. Quel est cet être humain normal qui n’aurait pas agi ainsi ? Nous, en Côte d’Ivoire, nous avons salué et continuons de saluer l’acte de bravoure de Damana Picas.
Le blocage opéré par M. Alassane OuattaraSuite à toutes ces médiations africaines, qui ont compris, à la lumière des éléments fournis, que la situation était bien plus complexe qu'il n'y paraît et surtout que la désinformation opérée par le camp Ouattara en collaboration avec la France était monumentale, on se retrouve aujourd'hui dans une situation de blocage difficile à comprendre.
Plus surprenant encore, que ce soit le Président qui a été légalement investi au regard de la Constitution ivoirienne, qui fasse preuve d'ouverture et de diplomatie:
- Premièrement, le Président Laurent GBAGBO a fait une première offre de discussion en « tendant la main » à Alassane Ouattara.
- Deuxièmement, le Président Laurent GBAGBO a demandé que l'on revisite les élections en mettant en place une Commission Internationale neutre.
- Troisièmement, le Président Laurent GBAGBO a demandé un recomptage des voix sous le contrôle de cette Commission neutre.
- Quatrièmement, le Président Laurent GBAGBO a souhaité s'asseoir à la table de négociation avec M. Alassane OUATTARA.
A toutes ces propositions, le camp Ouattara a opposé un non catégorique. Étrange pour quelqu'un qui se dit spolié....
Il souhaite à tout prix une action armée, qui fera couler le sang de millions d'ivoiriens et de ressortissants de la CEDEAO. Avec la hargne vindicative de M. Nicolas Sarkozy, il perd de vue le fait que depuis près de 15 ans, il est le dénominateur commun de toutes les crises ivoiriennes. Il perd de vue le fait qu'aucun de ses appels à la grève et à la désobéissance civile n'a été suivi. Il perd de vue le fait que la population ne se soulève pas pour que sa « soi-disant volonté » soit respectée.
Fait très inquiétant, depuis quelques jours, des avions déversent à Bouaké des centaines d'hommes lourdement armés. Nos sources font état de ce qu'une intervention militaire est en cours de préparation contre la Côte d'Ivoire. Nous ne comprenons pas pourquoi toutes les questions posées restent sans réponse et pourquoi l'on ne veut pas revisiter le second tour des élections et donner la chance à l'Afrique de mener sa diplomatie.
Nous, ivoiriens, ivoiriennes, et amis de la Côte d'Ivoire, refusons que nos pays frères africains soient instrumentalisés aux fins de détruire leurs propres frères. Nous refusons que l'ECOMOG sanguinaire soit déployée sur notre territoire pour servir les desseins obscurs de la France. Nous croyons en une issue pacifique de cette crise, pour que l'Afrique en sorte grandie. Nous en appelons au soutien de tous ceux qui sont épris de justice et de vérité.